« Vous allez économiser 50 % » est la phrase qu'on entend le plus souvent chez un vendeur. Elle est parfois vraie, parfois très optimiste. Ce guide refait le calcul avec les seules données qui comptent : les rendements certifiés des machines, le tarif d'Hydro-Québec et le climat de votre région.
Le principe : 1 kWh de plinthe contre 2 à 2,6 kWh de thermopompe
Une plinthe électrique a un rendement de 100 % : chaque kilowattheure acheté devient un kilowattheure de chaleur. Rien à gagner, rien à perdre.
Une thermopompe déplace la chaleur de l'air extérieur vers l'intérieur. Son rendement s'appelle le coefficient de performance (COP) : à COP 2,5, elle fournit 2,5 kWh de chaleur pour 1 kWh consommé. L'économie vient entièrement de ce coefficient, et le coefficient dépend de la température extérieure.
Trois chiffres à retenir, tirés des certifications ENERGY STAR reprises dans la liste LogisVert d'Hydro-Québec :
- À +7 °C, la plupart des machines affichent un COP de 3 à 4. C'est le chiffre des brochures.
- À -15 °C, le COP certifié des 1 090 machines de notre base va de 1,3 à 2,89, avec une médiane à 1,94.
- Sur une saison entière au Québec, une machine certifiée climat froid bien dimensionnée tourne autour de 2 à 2,6, en comptant le dégivrage, les cycles courts et l'appoint des nuits les plus froides.
C'est ce dernier chiffre, le COP saisonnier, qui décide de votre facture. Pas celui de la brochure.
Le calcul en trois lignes
- Besoins de chauffage annuels de la maison, en kWh. Ils dépendent de l'isolation, de la superficie et du climat. Une maison de 1 500 pi² construite entre 1980 et 2000 tourne autour de 18 000 kWh par an à Montréal ; comptez 25 à 35 % de plus au Saguenay ou en Abitibi, où l'hiver totalise davantage de degrés-jours de chauffage. Nos pages par ville donnent l'ordre de grandeur pour chaque région.
- Coût aux plinthes : besoins × tarif. Au tarif D d'Hydro-Québec, le chauffage tombe presque entièrement dans la deuxième tranche, autour de 0,105 $/kWh. Pour 18 000 kWh : environ 1 890 $ par an.
- Coût avec thermopompe : besoins ÷ COP saisonnier × tarif. À COP 2,2 : 8 200 kWh, soit environ 860 $. L'économie est d'environ 1 030 $ par an, et de 800 à 1 160 $ selon que le COP saisonnier réel se situe à 2,0 ou à 2,6.
Sur une maison plus grande, plus vieille ou plus au nord, chaque poste grossit dans les mêmes proportions : l'économie dépasse facilement 1 500 $ par an dès que les besoins atteignent 25 000 kWh.
Ce qui fait bouger le chiffre, du plus important au moins important
La couverture de la maison. Une murale simple zone installée dans le salon ne chauffe pas les chambres fermées à l'étage ; les plinthes y continuent leur travail. Si la murale couvre 60 % des besoins, l'économie porte sur 60 % de la facture, pas sur 100 %. C'est la première cause d'écart entre la promesse et la facture réelle. Un système multizone ou une centrale gainable couvre toute la maison.
Le COP à -15 °C de la machine choisie. Entre une machine à 1,7 et une à 2,7, l'électricité consommée par grand froid diffère de plus de 35 %. Sur les journées où la maison demande le plus de chaleur, cet écart pèse lourd. Nos classements grand froid trient précisément sur cette valeur.
Le dimensionnement. Une machine trop petite laisse l'appoint tourner dès -10 °C ; une machine trop grosse cycle et dégivre sans arrêt. Dans les deux cas, le COP saisonnier chute. Le calcul de charge doit être fait sur votre maison, pas sur la superficie seule.
La région. Plus l'hiver compte de degrés-jours, plus les besoins sont élevés et plus l'économie absolue est grande, même si le COP moyen baisse un peu. Une thermopompe rapporte davantage en dollars à Chicoutimi qu'à Montréal, contrairement à l'intuition.
Le tarif. Une maison qui dépasse largement 40 kWh par jour en hiver paie la deuxième tranche du tarif D sur l'essentiel de son chauffage. Les kWh épargnés par la thermopompe sont donc les plus chers de la facture.
Les cas où l'économie est mince
- Maison au gaz naturel : le gaz coûte moins cher par kWh de chaleur que l'électricité au Québec. Une thermopompe reste intéressante en climatisation et en biénergie, mais l'économie sur le chauffage est plus faible et dépend du prix du gaz.
- Chalet ou résidence secondaire peu chauffée : les besoins annuels sont faibles, donc l'économie aussi, même avec un excellent COP.
- Machine hors certification climat froid dans une région à -30 °C de conception : le COP s'effondre par grand froid et l'appoint prend le relais trop souvent.
- Installation bâclée : unité extérieure enneigée, dégivrage mal drainé, charge de réfrigérant approximative. Les pertes de performance viennent d'abord de là.
Ce que la subvention change au calcul
LogisVert ne change pas l'économie annuelle, mais il change le temps de retour. Pour une murale de 12 000 BTU, le montant médian de la liste Hydro-Québec est de 530 $ ; pour une centrale de 36 000 BTU, la médiane dépasse 3 000 $. Avec une économie de 1 000 $ par an et une subvention de 1 500 $ sur un projet de 7 000 $, le retour se fait en cinq ans et demi ; la machine dure quinze ans ou plus.
Comment obtenir votre chiffre, pas celui d'un exemple
Le questionnaire ThermoMatch applique ce calcul à votre maison : superficie, année de construction, isolation, système actuel et région. Il retient trois machines dont le COP certifié à -15 °C convient à votre climat, avec le montant LogisVert officiel de chacune. Le prix installé exact, lui, vient d'un installateur licencié RBQ qui a vu la maison ; chaque fiche donne l'ordre de grandeur publié au Québec pour son type, son calibre et sa gamme.

