On achète une thermopompe pour l'hiver, et on la découvre en été : l'air sec, la maison fraîche, le silence relatif. C'est aussi en été que le vendeur sort le SEER2, un chiffre qui grimpe jusqu'à 35 sur certaines fiches. Ce guide remet ce chiffre à sa place : ce qu'il mesure, ce qu'il change réellement à la facture d'une maison québécoise, et ce qui compte davantage pour être bien en juillet.
Le SEER2, en une phrase
Le SEER2 (Seasonal Energy Efficiency Ratio 2) mesure l'efficacité saisonnière d'un appareil en climatisation : la quantité de fraîcheur produite sur une saison, divisée par l'électricité consommée. Plus il est élevé, moins la machine consomme pour un même refroidissement. Son pendant en chauffage est le HSPF2. Notre guide comprendre SEER2 et HSPF2 détaille les deux normes et leurs conditions d'essai.
Dans notre catalogue, construit sur la liste officielle LogisVert d'Hydro-Québec et les fiches ENERGY STAR, les SEER2 les plus élevés appartiennent à de petits calibres : la murale Carrier 45M 37MPRAQ06AA3 affiche 35,1, la Midea MSE MO1SS-H06B-2A 35, la Keeprite D5F D5CPRAH06AAK 33,1. Les machines de 18 000 BTU les plus efficaces en chauffage, comme la Carrier 45M 37MPRAQ18AA3 et la Moovair MSH MSHHA18C2AN1, affichent respectivement 25,8 et 25,6 en SEER2 avec un HSPF2 de 16,2. Le classement par efficacité présente ces fiches.
Pourquoi l'été pèse peu au Québec
La facture d'une thermopompe se fait en hiver. Les données climatiques d'Environnement et Changement climatique Canada que nous utilisons pour chaque ville donnent la mesure : Montréal compte 4 281 degrés-jours de chauffage par an, Gatineau 4 827, Québec 4 977, Sherbrooke 4 877, Saguenay 5 532, Sept-Îles 6 122. Ce sont des saisons de chauffage longues et intenses, avec des moyennes de janvier de -9,2 °C à Montréal et de -15,1 °C à Saguenay.
La saison de climatisation, elle, dure quelques semaines réellement chaudes. Une machine qui tourne en climatisation quelques centaines d'heures par an ne peut pas peser autant qu'une machine qui chauffe plusieurs milliers d'heures. Deux SEER2 différents se traduisent par un écart de quelques dollars par mois d'été ; deux COP au froid différents, par un écart qui se compte sur tout l'hiver.
C'est pour cette raison que ThermoMatch classe les machines d'abord sur la capacité certifiée à -15 °C et le COP au froid, et n'utilise le SEER2 que pour départager des candidates équivalentes en chauffage.
Ce que le SEER2 change à la facture, avec une hypothèse
Prenons l'hypothèse de calcul que nous utilisons dans nos estimations : un tarif domestique de 0,105 dollar le kilowattheure. L'électricité consommée en climatisation est égale à la fraîcheur fournie divisée par le rendement. Passer d'une machine moins efficace à une machine plus efficace réduit cette consommation dans la même proportion que le rapport de leurs SEER2.
Concrètement, pour une même quantité de fraîcheur, une machine au SEER2 deux fois plus élevé consomme deux fois moins en climatisation. Mais comme la climatisation représente une petite fraction de la consommation annuelle d'une maison chauffée à la thermopompe au Québec, l'économie reste modeste en dollars. Le même effort d'efficacité placé en chauffage, c'est-à-dire un COP au froid plus élevé, rapporte bien davantage. Dans notre catalogue, le COP certifié à -15 °C va de 1,3 à 2,89, médiane 1,94 : c'est là que se creusent les vrais écarts de facture.
Le confort d'été dépend surtout du calibre
Le premier facteur de confort en été n'est pas l'efficacité, c'est la déshumidification, et elle dépend du temps de fonctionnement. Une thermopompe déshumidifie en faisant passer l'air sur un serpentin froid où l'humidité se condense. Pour que cela fonctionne, la machine doit tourner longtemps, à basse vitesse.
Un appareil surdimensionné refroidit la pièce en quelques minutes et s'arrête. La température affichée est atteinte, mais l'air reste lourd. C'est le piège classique du « plus gros, plus sûr » que décrit notre guide sur la capacité à choisir. Un appareil calibré sur la charge de chauffage de la maison est en général déjà suffisant en climatisation, parce que la charge de refroidissement d'une maison québécoise est inférieure à sa charge de chauffage.
Les machines à vitesse variable, qui forment l'essentiel du catalogue actuel, modulent leur puissance et allongent leurs cycles. Elles déshumidifient mieux et consomment moins qu'un appareil qui démarre et s'arrête.
Consigne, mode et gestes utiles
Quelques réglages font plus pour la facture d'été que le choix du SEER2.
- Consigne stable. Éteindre la machine le matin et la relancer le soir oblige à rattraper plusieurs degrés dans une maison réchauffée. Une consigne maintenue coûte moins qu'un rattrapage.
- Mode déshumidification quand l'air est lourd mais la température acceptable. La machine tourne lentement et retire l'humidité sans trop refroidir.
- Ventilateur en vitesse automatique. Une vitesse basse laisse le temps à l'air de se déshumidifier ; une vitesse haute refroidit vite et laisse l'humidité.
- Fermer les rideaux du côté ensoleillé dans l'après-midi réduit la charge autant qu'un point de SEER2.
- Filtres propres. Un filtre encrassé fait travailler la machine pour rien, en été comme en hiver.
Murale, multizone ou centrale en été
Une murale climatise la zone où elle souffle. Dans une maison à étages, la chaleur monte et la chambre à l'étage reste chaude si la murale est au rez-de-chaussée. C'est souvent en été que les propriétaires découvrent la limite d'un appareil à une seule tête et pensent au multizone ou à la centrale, sujet du guide murale ou centrale.
Le choix du type de système se fait sur la charge de chauffage et la configuration de la maison, mais il faut penser au confort d'été de chaque étage au moment de placer les têtes. Le comparateur permet de mettre côte à côte le SEER2 et le HSPF2 des configurations envisagées.
Ce qu'il faut retenir
Le SEER2 est un chiffre honnête : il mesure bien l'efficacité en climatisation. Il est simplement moins décisif au Québec qu'ailleurs, parce que l'été y est court et l'hiver long. Choisissez d'abord une machine qui tient à -15 °C avec un bon COP, calibrée sur la charge réelle de la zone, puis regardez le SEER2 pour départager. Le questionnaire ThermoMatch applique cet ordre de priorité, et un installateur licencié RBQ confirmera le calibre sur place dans une soumission écrite.

